Le post de LMO m'a rappelé une vieille histoire. Et puis il y a eu aussi sa présence à l'anniversaire de F. (de la personne dont je vais parler, pas de LMO) qui a fait remonter des souvenirs, on (avec l'homme) regardait cette personne en essayant de se remémorer tous les rouages de cette histoire, de cette perte…
Tout à commencé avec F., pas celui qui fêtait son anniversaire mais un autre, un ami d'enfance lui aussi, mon voisin depuis que j'avais 10 ans. On a fait les 400 coups ensemble. F. et mon pacsé était aussi bons amis puisque voisins également (si t'as pas suivi toute ma vie je me suis pacsée avec mon voisin, niveau déménagement c'était trop pratique).
Et puis F. nous a présenté A. en 2001. Ce n'est pas là que ça se gâte, bien au contraire, le courant est tout de suite passé entre nous.
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| A & moi, mars 2005 |
A. était une fille intelligente, pleine de vie, pleine de bon sens, joyeuse, rigolote, serviable… je sais même plus quels adjectifs utiliser, elle était vraiment top comme amie ; ils étaient vraiment top comme amis. Débarquer à l'improviste, manger chez l'autre, y dormir ; aider pour les soirées, les travaux, les déménagements, se rendre service ; faire les magasins, partir en vacances ensemble ; se faire de petits cadeaux pour rien, rien que parce qu'on pensait à l'autre, s'appeler, se textoter à toute heure… je crois qu'on a tout fait ou presque. Le tout dans un groupe d'amis assez soudé, nous n'étions pas exclusifs mais il y avait une complicité supplémentaire entre elle et moi.
En juin 2005, je te refais pas tout l'historique, je rentre à l'hôpital, enceinte de 6 mois, rien ne va. J'ai envoyé 3 SMS ce soir là, à F. et A., à S. et à T. Tous on répondu présent, dès le lendemain j'avais de la visite. On ne savait pas où on en était, ce qui se passait avec notre fille, on s'inquiétait, on supposait des choses. Les visites dans un premier temps n'ont pas du être drôles pour nos visiteurs, S. m'a avoué (si tu passes par là et que je me trompe dis-le) avoir pleuré en sortant de la chambre. Mais elle est revenue.
A. est venue une fois, les bras chargés de cadeaux, de l'empathie plein les yeux. Elle a proposé son aide à mon homme, pour les courses ou autre, elle lui a proposé de passer quand il voulait, s'il se sentait seul ou mal. Normal.
Finalement l'angoisse du début a fait place à une petite routine, les nouvelles sont meilleures, je n'accoucherai pas tout de suite. Mais le week-end arrivant mon homme se sent seul, il tourne en rond… je sais plus si c'était le premier ou le second week-end d'ailleurs, toujours que je lui dis d'appeler F. pour passer la soirée chez eux. Il le fait et la conversation téléphonique tourne court, F. dit "oui, viens" mais il entend A. en fond sonore qui dit "non" assez énergiquement. F. est confus, mon homme n'insiste pas et n'ira pas. On ne sait pas trop ce qui se passe, on laisse un peu tomber, on a d'autres chats à fouetter.
On reverra F., notamment après la naissance de Clochette, mais pas A. Elle est partie en vacances, seule. Je reçois une carte postale banale. Je ne la reverrai pas de si tôt. Elle ne prendra pas de nouvelles directement, F. finira par ne plus donner de nouvelles non plus, on recevra 4 mois plus tard un cadeau par la poste, un pyjama bleu en taille 6 mois (pour ma fille préma, j'ai eu du mal à comprendre ce choix), alors qu'ils habitent à moins de 10 kilomètres de chez nous.
J'ai eu une grosse boule, j'ai écrit une lettre, tout ce que j'avais sur le cœur. Son absence qui m'a fait si mal, l'espoir que j'avais mis en elle (j'allais même la choisir pour marraine !), cette incompréhension qui ne me quittait pas.
Elle m'a répondu assez vite, sèchement. Si elle n'était pas venue plus souvent c'est parce qu'elle avait vu que j'avais de la visite, elle avait considéré que j'étais assez entourée ; si elle avait refusé la présence de mon homme ce fameux week-end c'était parce qu'ils recevaient des amis qu'on ne connaissait pas et qui avaient des enfants "normaux, en bonne santé" et qu'elle avait jugé que ça aurait pu lui faire de la peine ; si elle n'était plus venue c'est parce qu'elle n'a pas supporté tout simplement ce qui nous arrivait, elle qui côtoyait des anciens prémas dans le cadre professionnel (elle est orthophoniste) elle connaissait leurs difficultés…
4 pages d'excuses complètement bidons, de reproches, elle inversait les rôles. Elle disait avoir mal pris également quand nous avions dit que si notre fille présentait des problèmes graves de santé nous ne voudrions pas de réanimation. Une simple supposition, une discussion parmi tant d'autres, un point de vue qui ne changera pas plus pour mes grossesses suivantes, cela concernait surtout les enfants en général, elle a presque réagi comme si nous avions dit qu'on ne voulait pas de notre fille… Alors qu'elle la condamnait déjà à tous les handicaps possibles, soulignait déjà les difficultés d'un préma alors qu'elle n'était même pas encore née !
Je l'ai appelé quelques jours avant Noël, pour m'expliquer, lui donner une chance de s'expliquer, lui dire que ma porte était encore ouverte. Elle n'avait rien à me dire, elle ne parlait pas beaucoup, tournait en rond, laissait des blancs. J'ai raccroché en pleurant. Elle n'est jamais revenue, n'a jamais rappelé.
Un an après la naissance de Clochette on l'a vu chez F., celui qui fait son anniversaire (mais là c'était pour son enterrement de vie de garçon). Elle s'est plantée devant moi, l'air de rien, en me demandant "ça va ?", j'ai fait ma connasse "depuis tout ce temps ça t'inquiète réellement de savoir comment je vais ? Emma a plus d'un an !" "Mieux vaut tard que jamais" a-t-elle tenté… "non, il est trop tard là" et j'ai tourné les talons.
Aujourd'hui avec le recul, nos longues discussions avec les autres amis, on a pu remarquer que le climat finalement s'était détérioré un peu avant mon entrée à l'hôpital, une soirée où elle n'est pas venue et F. qui ne savait pas trop quoi dire pour excuser son absence (il a toujours était un piètre menteur), un petite vexation concernant des places de concert achetées pour nous alors qu'on prenait les nôtre de notre côté (elle voulait faire une surprise, on vivait notre vie), une invitation entre filles restée sans réponse, leurs fiançailles auxquelles personne du groupe n'avait été convié ni même informé, des piques lancées…
Avec nous, avec les autres, ils se sont coupés, ont donné de moins en moins de nouvelles. Avec toujours un lien très fin, des amis en commun et quelques rencontres dans des soirées. Et sa nouvelle meilleure amie c'est J., qui ne m'aime pas beaucoup (et c'est réciproque), j'imagine donc qu'elles ont de quoi papoter, même si aujourd'hui je ne sais toujours pas ce que j'ai fait pour mériter cette rupture. Je préfère croire que c'est elle qui a pété un plomb et que les meilleurs amis sont ceux qui sont restés : S. est devenue marraine de Clochette, T. est le parrain du Petidom ; et que A., elle ne nous méritait pas, tout simplement.
Et c'est quoi ton point de vue extérieur à toi sur cette histoire ?



Vu de chez moi (qui ai vécu une histoire comparable) je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse laisser tomber une amie dans un moment pareil.
RépondreSupprimerQuoi qu'il se soit passé avant elle aurait du être à tes côtés. C'était le moment où tu avais besoin d'elle.
Franchement si elle n'a pas su faire un effort à ce moment là ça ne sert à rien de garder le contact.
laisse tomber! les ruptures en amitié sont cruelles...
RépondreSupprimerLes ruptures amicales sont presque pire que les ruptures amoureuses.
RépondreSupprimerQuand un gars te quitte, tu te dis que ton physique ne lui plait plus, que ta personnalité ne le rejoint plus, que le sexe... bon tu comprends...
Mais amicalement, c'est ton "toi profond" qui est rejeté.
Je te comprends, c'est difficile et le pardon pratiquement impossible.
C'est vécu comme une trahison.
Ton A. a probablement pris un évènement X pour se créer une raison de s'éloigner et échafauder autour de cela. La raison à la base... il n'y a qu'elle qui la connaît vraiment.
De tout ça, je me souviens juste d'une rencontre furtive à la maternité le premier jour et "je te laisse entre de bonnes mains.." et si j'ai fait ma "solide et rassurante" devant toi...j'ai craqué ensuite. ça ne m'a pas empêché de revenir pour vivre les angoisses et les joies (parce qu'il y a eu aussi beaucoup de joie dans tout ça) avec vous! Bizarrement et sans vouloir jeter la pierre, de par ma profession, bossant en pédiatrie, j'en ai vu des enfants avec petits ou gros soucis...mais pour Emma, je n'y pensais même pas! Elle deviendrait cette petite fille dont je suis fière d'être la marraine (et A. ne sait pas ce qu'elle perd!!! ;o), je n'imaginais pas une autre histoire...j'y gagne pour le coup! (et non pas je gagne!! au cas où A. passerait par là ;o)
RépondreSupprimer@ Mélanie : surtout que s'il s'est passé quoi que ce soit je n'avais rien remarqué !
RépondreSupprimerJ'avais oublié que tu étais passée par là aussi… incompréhensible, vraiment, dans ton cas comme dans le mien !
@ Tic@ : oh oui, très cruelles, surtout quand tu es déjà à un moment assez bas de ta vie !
@ Beka : effectivement on se dit aujourd'hui que si ça n'avait pas été à ce moment-là ça aurait été plus tard, ça couvait.
Je ne pardonne pas car ça a touché ma fille quelque part… et ça vraiment faut pas faire !
@ Marraine : Tiens, ça me ferait doucement rigoler que A. passe par là… Elle t'a passé le relais et elle a bien fait !
C'est vrai que c'est étrange et incompréhensible. C'est justement dans ce genre d'épreuve qu'il faut être là....
RépondreSupprimerElle n'aurait pas mal pris le fait que tu appelles Marraine? Car si je me souviens bien, Marraine et toi vous vous étiez un peu quittées de vue?
Il faudra que tu me rappelles leurs prénoms, car je ne les retrouve pas!
Oui c'est vrai, entre S. et moi il y a eu un "break" de quelques années mais cela faisait déjà un bon 6 mois qu'on avait repris contact. Peut-être que A. a eu peur de la concurrence... et il y avait de quoi, S. c'est ma grande amie et je parlais souvent d'elle et de ma tristesse de ne plus avoir de nouvelle... ça mériterait presque un roman ! Mais comme quoi on peut avoir une rupture saine qui permet un pardon et un avenir.
RépondreSupprimerC'est ce qui différencie une "amitié pour la vie" d'une amitié dont je ne trouve pas la description, mais que j'espère tu comprendras!
RépondreSupprimerClarys (qui n'arrive pas à commenter, bizarre) :
RépondreSupprimerje rejoins assez l'avis de Mel, je pense que ce genre de moment permet de faire un tri dans les véritables amies
Et je m'en veux de n'avoir appris plus tard tes pbs de grossesse, on pense souvent à Clochette et sommes vraiment contents de voir tout ce qu'elle a accompli, en plus elle est vraiment adorable ! :)
Tu sais, moi j'ai encore jamais trouvé LA copine que tu décris (qd tt allait bien avec A.)
J'ai trouvé ma moitié avec Fabien, mais pas encore en amitié.. J'ai une amie très fidèle avec Ophélie, mais la distance....
Donc dis toi qu'en effet elle devait pas mériter votre amitié et tu es drôlement bien entourée avec tous tes ami(e)s ! :)
Une triste histoire mais qui m'en rappellent plein d'autres... les relations sont irrationnelles parfois... les gens ont peur quand tu es différent ; quand il t'arrive un problème...ou encore ils ne sont pas tolérants et une idée peut les choquer à tout jamais...dans ce cas, il faut essayer de se dire que ce n'était pas de vrais amis... mais pas facile, je sais ! J'ai aussi "perdu" deux amis, sans avoir compris pourquoi !
RépondreSupprimerje pense être assez fidèle en amitié. Je n'ai pas de "bande" d'ami(e)s mais quelques un(e)s qui me suivent depuis le primaire, voir le collège. Je me dis parfois que malgré la distance, les aléas de la vie on a toujours su maintenir un fil rouge entre nous. Si jamais un jour ce fil devait casser je serai mal...
RépondreSupprimerLes rares amitiés foireuses que j'ai pu connaître n'étaient pas aussi fortes que celle que tu as décrite donc je n'ai pas souffert de la fin de ces histoires (mon côté asocial Dr Psy??)
J'ai l'impression que tu as su créer autour de toi un "réseau" fidèle ;-)
Il faut entretenir tout ça.
En plus en ce qui me concerne mes "vrais" amis sont presque plus ma famille que celle biolo...autant je pourrai me passer de certains membres familiaux, pour le coup certains amis ce sera à la vie :-)(ils en savent plus sur mes tracas et mes joies)
@ Xtinette : c'est vrai que la différence fait peur... on a eu plein de témoignages de personnes à qui c'est arrivé lors d'une naissance particulière (préma, handicap, multiple).
RépondreSupprimerAvec des vrais amis on peut avoir un dialogue et une marge de manœuvre, sinon effectivement, ils ne sont pas des vrais amis.
@ Ludi : j'ai jamais remarqué ton côté asocial !
Je suis contente de ma bande, c'est vrai. Comme toi le côté familial est restreint, on a des contacts avec les proches, les autres genre cousin tout ça beaucoup moins et ça ne nous gène pas de ne pas avoir de contact... mais plus de 2 week-end sans voir des amis ça nous fait drôle !
Par rapport à mes prorpres histoires d'amitiés qui ont pali au fil des ans sans trop savoir pourquoi, le verbe qui me vient à l'esprit, c'est "to grow apart". Ce qui est surprenant dans cette histoire là en particulier, c'est que vos chemins se soient séparés à un moment difficile pour toi. (pour les 2 amies que j'ai à l'esprit, c'est surtout une histoire de distance géographique...) Mais le fait qu'elle ait laissé tomber le groupe d'amis porte à croire, en effet, que cette divergeance vienne d'elle. Et ma foi... tant pis pour elle, car vu de l'extérieur, tu sembles gagner à être connue!
RépondreSupprimer@ Anne-Laure : je n'aurais jamais cru perdre quelqu'un à ce moment-là, je sais ps si elle s'est dit "oh, au point où elle en est, je peux l'enfoncer encore plus, tant qu'on y est"...
RépondreSupprimerJe suis de ton avis, c'est elle qui ne devait pas bien aller et oui, tant pis !