lundi 3 décembre 2012

Le coiffeur


Avant la rentrée (de septembre… oui je sais j'ai du retard), j'ai emmené Boucles d'or chez le coiffeur… enfin, le Petidom quoi.
Il est passé en 2 ans des longs cheveux noirs et raides de sa naissance à la boule à zéro pendant un certain temps et depuis ça pousse en version boucles blondes. Et ça pousse bien ! Tellement que là, la pince Hello Kitty n'était plus vraiment un caprice de Monsieur mais plutôt une nécessité si on voulait qu'il y voit un minimum.

Mes deux gonzesses avant la coupe...Chez Planète Mômes on peut aussi manger un super goûter !
 [Apparté "Pince Hello Kitty" : mon fils a une grande sœur qu'il copie avec plaisir, il danse, il chante, il aime Hello Kitty, les trucs à paillettes, se mettre de la crème sur le visage et des pinces dans les cheveux… Bref rien de grave !]

Il y a peu j'ai découvert, à l'occasion d'un déjeuner entre blogueuses Lilloises, le concept store Planète Mômes à Lille : un dépôt-vente de vêtements, un magasin de chaussures, une libraire, un resto, un coiffeur… Et depuis peu c'est Alice de Parents testeurs qui est aux commandes de la partie resto (qui fait aussi le goûter… mmmm…).
Mon salon de coiffure habituel étant fermé pour travaux, l'urgence cheveux se précisant de jour en jour et le fait d'avoir vu que le matériel (notamment la chaise) était super bien adapté aux tout-petits : j'en ai profité pour prendre un rendez-vous pour le Petidom pour sa première coupe. 

Et je n'ai pas regretté ! Il a eu 2 minutes de flottement où il s'est demandé ce qui allait lui arriver et puis ensuite il s'est laissé faire sans rien dire, accaparé par les différents jouets mis à disposition… Une vraie réussite cette coupe de cheveux !

Pendant, sérieux comme un pape !
Depuis nous avons du refaire un passage chez le coiffeur (entre parenthèses, chez mon coiffeur habituel... c'était plus cher et carrément moins bien pour les enfants), c'est fou ce que ces petites bouclettes blondes poussent vite ! Mais la prochaine fois je ne coupe que la mèche de devant, on avait été obligé de couper ses petits cheveux de bébé qui restaient derrière et qui faisaient comme des vieux nids après chaque dodo… maintenant qu'il n'y en a plus on va en profiter, m'en fous si on me dit "oh quelle belle petite fille ! "

Et après, le front enfin dégagé !
Chez Planète Mômes il y a même un manège !

dimanche 21 octobre 2012

On a marché sur les Buttes…


La semaine dernière comme maintenant, nous disions au revoir à Paris, pas mécontentes de partir après cette journée ultra pluvieuse…
Mais nous fûmes quand même contentes de descendre là-bas, rassurez-vous.

J'en avais déjà parlé ça et , nous sommes allées à Paris pour participer à la Marche des Bébés. J'avais ouvert il y a un peu plus de 3 mois une page de collecte sans trop y croire et finalement nous avons dépassé les 150 € très rapidement. Et puis j'avais intégré une équipe très sympa, les Mums in the City, "dirigées" par Marjoliemaman et composée de beau monde.
Alors, hop, ni une ni deux j'ai réservé des billets en Prems pour la gamine (qui n'avait jamais vu Paris) et moi. Enfin, je m'étais assurée quand même d'avoir un logement sur place vu qu'avec les horaires de TGV on ne pouvait que partir du samedi, sinon on allait être en retard du dimanche. Les cousines ayant répondu présentes, on a foncé !

Nous sommes arrivées samedi en milieu d'après-midi et la seule sortie que l'on s'était fixée était la visite de la Tour Eiffel… j'y croyais moyen niveau monde mais finalement ça a été, pas plus long qu'à Disney en somme (et tout aussi cher… enfin pas trop la montée mais les à-côté : un mini goûter avec 2 coca et 2 pâtisseries = 17 €… normal).

Avec le temps en métro, le temps d'attente, la visite et à nouveau le métro, on est arrivé chez la cousine à 20h, plein les bottes (et les yeux pour la Clochette), surtout que j'ai une espèce de tendinite, mon pied gonfle et dégonfle au grès de mon temps de marche depuis plus de 15 jours… bref. Et la gamine qui a des petites papattes… On était pas mécontentes que J., le fils de ma cousine, nous laisse son lit. 23h au dodo, surtout qu'on avait beau être à Paris, on était à l'autre bout… pour avoir une chance d'être à l'heure pour la Marche des Bébés, y'a fallu qu'on soit dehors à 8h30…

On arrive évidemment au lieu du rendez-vous (Les Buttes Chaumont) par la mauvaise entrée, y'a fallu tout traverser, avec la pluie qui commençait à tomber. Résultat on est arrivée déjà un peu fatiguées… surtout qu'on a un peu tourné, je suis sûre que les 4 kilomètres on les avait déjà fait ! Sur place je récupère le dossard et je repère les filles de Mums in the city, dont le dress code était fluo (on dit merci à Mère Bordel pour cette lumineuse idée, me voilà maintenant propriétaire d'une jolie écharpe rose fluo et d'un parapluie assorti, dégotés chez H&M pour pas cher), facile pour se repérer sous ce ciel de plus en plus gris.
Juste avant le départ, la magie des ballons...

Le départ est donné, sous des trombes d'eau ! La marche rapide pour se réchauffer ne convenait pas aux (toujours) petites papattes de la gamine, déjà bien fatiguée par sa journée de la veille… on a abandonné une partie de la troupe pour se réchauffer dans un café et retrouver ensuite tout le monde sur la ligne d'arrivée. Résultat de tout ça : 240 € récoltés sur ma page de collecte, 5325 € pour le groupe, et de jolies mais courtes rencontres.

J'étais contente de cette journée mais la pluie m'a un peu déstabilisée… tout le monde est vite reparti de son côté et je me suis retrouvée vers 13 heures seule dans Paris sous des cordes, on était mouillées, la gamine avait plus envie de marcher et franchement je la comprenais… Paris sous la pluie c'est bof, surtout quand tu ne connais pas et que tu n'as pas de plan B (ni de plan tout court). Je pensais qu'on flânerait dans le parc des Buttes Chaumont, tranquillement après la marche avec un temps certes automnal mais carrément plus clément, un tour de manège par ci, admiration de pigeons par là… alors j'avais pris un billet retour à 15h30, histoire de ne pas partir dans la précipitation, sans regret… finalement j'ai regretté mon billet Prems que je ne pouvais pas échanger. Alors pour tuer le temps j'ai dépensé des sous au resto, au café, au point presse de la Gare du Nord ! Dans le train j'ai découvert qu'il y avait une expo Hopper au Grand Palais (fait chier !) et nous sommes arrivées à Lille sous le soleil (franchement, j'ai cru que j'allais en pleurer, tellement déçue de ce dimanche après-midi et la fatigue aidant…).
Mais bon, le principal c'était cette bonne action qu'était la Marche des Bébés et les yeux de la gamine quand elle s'est retrouvée au pied de la tour Eiffel (d'ailleurs c'est la photo qu'elle a choisi pour son fond d'écran d'ordinateur).

Les filles, on se retrouve l'année prochaine ?!

lundi 15 octobre 2012

Maman yayaille…


Et ce depuis presque qu'un mois maintenant…

Ça ressemble à un coup de tête mais ça n'en est pas un, un concours de circonstances plutôt, une chance à ne pas louper même. 
Le congé, même s'il me plaisait, commençait à me poser questions. Depuis un an déjà je ne suis plus maman allaitante, le Petidom commençait à prendre le large, il allait à la halte-garderie du village certaines matinées…
Puis le SESSD est arrivé pour la Clochette, une prise en charge plus globale, la fin des allers-retours chez les spécialistes…
Et puis faut le reconnaître aussi, ce mini-portefeuille commençait à peser, cette absence ou presque de lien social, le sentiment de ne pas servir à grand-chose… Ma joie d'être disponible disparaissait et le monde du travail commençait à me manquer.

Je commençais à regarder les annonces, j'avais dans l'idée de reprendre avant les 3 ans du gamin, ou au moins pile pour son entrée à l'école. Et ces annonces ne m'inspiraient pas des masses… Il y en avait mais j'étais d'un coup envahie par le doute. Deux ans sans travailler, même si l'arrêt est parfaitement justifié, ça peut faire long sur un CV et ça peut semer le doute sur ses capacités.

Et quelques jours après la rentrée un coup de fil de mon ancienne chef qui a besoin de moi dans sa nouvelle entreprise, pour reprendre une place à ses côtés, toujours dans ce secteur professionnel que j'aime, dans lequel je me sens bien. Ce n'est qu'un CDD pour l'instant mais j'y ai vu comme un signe, une belle opportunité de se remettre en selle, de reprendre en douceur (même si mes journées de travail sont beaucoup plus intenses qu'avant mon arrêt).
Alors il a fallu faire vite, trouver un mode de garde pour le Petidom, trouver une nouvelle organisation pour les matins chargés et les soirées overbookées. Depuis un mois j'ai du mal parfois à reprendre mon souffle, à trouver 5 minutes pour faire autre chose qu'une "corvée" ou alors quand je trouve ces 5 minutes c'est souvent pour ne rien faire plutôt, passer en mode grosse larve… Ce qui explique mon silence par ici aussi.
Me voilà donc dans ma nouvelle aventure, j'ai ressorti les pantalons de ville, les chemisiers et avec ma nouvelle paire de ballerines vernies, j'ai repris le chemin du yayaille.

Pour info c'est le Petidom qui raconte à qui veut l'entendre que "maman yayaille" même si au début il a eu du mal à l'admettre. On l'avait prévenu quelques jours avant la reprise, que maman allait retourner au travail, ce à quoi il répondait "non, maman pas yayaille… papa yayaille, pas maman"

mardi 11 septembre 2012

Le bilan de 7 ans


La Clochette a passé son bilan de 7 ans à l'hôpital où elle est née. Un bilan avec la psychologue, qui a également pris les dernières nouvelles, cela faisait maintenant 2 ans qu'on n'était pas allé là-bas.

De ce bilan ressort qu'elle a les capacités intellectuelles d'une petite fille de son âge et qu'à partir du moment où tous les aménagements et suivis demandés seront effectif, il n'y a pas de raison qu'elle ne réussisse pas.
Rien de nouveau en fait, on a pu voir au cours de son CP qu'elle était capable de bien faire. Aujourd'hui elle a encore des difficultés en mathématiques (à partir de 70 en fait ça perd de la logique pour elle… on préfère alors parfois septante et nonante) mais par contre elle adore lire, elle a reçu pas mal de livres de la Bibliothèque Rose pour son anniversaire et elle en réclame encore ("Eh maman, c'est où la Bibliothèque Rose ? Je l'ai jamais vu…"
Aujourd'hui nos seules craintes "psychologiques" sont basées sur le fait que son frère commence à savoir faire des choses qu'elle ne sait pas encore faire… il va bientôt gagner à la course de trottinette ! Il est très moteur et elle pas du tout, l'écart se creuse vite et va falloir qu'on fasse attention pour ne pas qu'elle soit affectée par cette situation.
La psychologue a ensuite amené avec la Clochette le contexte particulier de sa naissance mais il semble qu'elle a réellement bien intégré ça dans son schéma de vie. On pensait qu'elle poserait des questions, comparerait avec l'arrivée de son frère mais non… elle n'a pas non plus saisi la perche de la psy. Nous avons quand même fait un détour par le service des Soins Intensifs, le plus marquant pour nos yeux de parents (je garde peu de souvenirs des 3 jours en Réa et Arc-en-ciel était moins médicalisé). Elle n'a pas voulu s'approcher des couveuses pour voir les bébés, elle avait surtout faim après une matinée passée à faire des tests et puis comme on lui avait promis le MacDo...

À l'issue du rendez-vous avec la psychologue nous avons dit "au revoir" à la pédiatre qui la suit aussi depuis sa naissance. On en a profité pour parler des problèmes de poids qu'elle a rencontré pendant l'année, elle a  pris 6 kilos en un an sans raison apparente. Bon dit comme ça, ça ne vous parle peut-être pas mais en résumé c'est beaucoup, son IMC est largement au-dessus de la normale maintenant.
La pédiatre est d'accord avec le médecin traitant, on diminue fortement les biscuits industriels au goûter (seul point noir finalement dans son alimentation, quoi qu'en dise son père), on enlève les biberons du soir (ah oui, elle boit toujours au biberon) et on verra dans le temps.
Si la prise de poids continue malgré tout il faudra aller voir un endocrinologue. La pédiatre n'était pas étonnée, certains enfants qu'elle suit qui était des bébés à faible poids de naissance rencontrent ensuite des problèmes de poids.

[Je fais juste un aparté concernant le MacDo dont je parlais juste au-dessus… on sait jamais, parfois on tire des conclusions rapides et je ne voudrai pas passer pour une mauvaise mère ;-) On va au MacDo sur la route des vacances, quand on sort d'un rendez-vous à l'hôpital et qu'il est midi, quand c'est les vacances scolaires et qu'on se promène dans un centre commercial… bref, si on y va en moyenne une fois par mois c'est beau. Et c'est la seule junk food qu'elle aime et aussi la seule occasion pour elle de manger des frites vu qu'on a jamais eu de friteuse. Quelque fois que vous m'accuseriez intérieurement d'inconscience par rapport à sa prise de poids, tout ça...]

C'était le dernier rendez-vous de notre longue série à Jeanne de Flandre… nous n'aurons plus à y retourner, sauf si on le veut vraiment et qu'on demande un rendez-vous. Comme les rendez-vous s'étaient pas mal espacés ces derniers temps ça ne nous fait pas si drôle que ça mais quand même, on tourne une sacré page, à défaut de mettre un point final à la prématurité.

dimanche 29 juillet 2012

Notre prématurité


La prématurité type Retard de Croissance Intra-Utérin est entrée chez nous un matin de juillet 2005, il y a 7 ans. Elle s'était annoncée avant, un peu brusquement certes mais elle nous avait laissé un mois pour se préparer un minimum.
La prématurité on ne savait pas ce que c'était. On en avait sûrement vaguement entendu parlé mais avec le recul le sujet ne me semblait pas aussi "à la mode" qu'aujourd'hui. Ou alors c'est comme les femmes enceintes que tu croises quand tu es toi-même enceinte, d'un coup t'as l'impression que toute la jeunesse féminine s'est passé le mot pour faire comme toi.
Avoir un enfant on ne savait pas ce que c'était non plus. Du coup la prématurité est devenue notre normalité. Les allers-retours à l'hôpital pendant 2 mois, la solution hydro alcoolique , les électrodes, les bip-bips des machines, la sonde de gavage, les diverses injections, les pesées 20 fois par jour avant repas, après repas, de la couche à chaque change… normal, tout était comme ça autour de nous en plus.

Une fois revenus à la maison la prématurité n'est restée que physiquement. "Oh elle est pas bien grande, elle doit être toute jeune !" Selon les personnes on racontait un peu notre vie… ou pas, on souriait et on disait son âge corrigé, ça passait, ça nous arrangeait. Au bout d'un an la Clochette était rentrée dans les courbes de croissance. En fait, au fur et à mesure que le retard de croissance diminuait, la prématurité se reléguait de plus en plus loin dans un coin de notre tête. Certes il y avait les visites régulières à l'hôpital mais rien de grave, tout n'était que routine.

Croire que la prématurité en resterait là était une erreur. Elle s'est rappelée à nous tout d'abord quand la demoiselle a commencé à loucher. Hypermétropie, lunettes et cache sur un œil. Tout ça à à peine un an. "Oh regarde le bébé à lunettes !".
A 18 mois la belle ne commençait à peine à se déplacer à 4 pattes… Séances de kiné pour la stimuler au niveau de la motricité… Elle a marché à 26 mois et jusque là c'était "oh, mais elle ne marche pas encore ?!"
La marche acquise on s'est dit que ça y était, elle allait rentrer dans un petit moule, à son rythme évidemment mais elle allait y arriver. Surtout que par ailleurs tout va bien.
Et puis elle est allée à l'école. Où la prématurité n'est pas la normalité du développement. Et où du coup "on" a pu comparer notre fille aux autres enfants. Raideur générale, motricité globale et fine très en retard, problèmes de prononciation. Consultations de spécialistes et début des suivis : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie… des suivis au long cours, des parcours administratifs du combattant, des journées de congés prises à courir les rendez-vous imposés dans les hôpitaux.
Ça fait 4 années scolaires aujourd'hui et on est toujours dedans. On a même rajouté une AVS pour le CP.
La demoiselle a 7 ans mais ne sait pas encore s'habiller ou se déshabiller seule entièrement, ne sait pas couper sa viande, se coiffer, dévisser les bouchons... Faire du vélo est une torture, faire de la trottinette encore difficile, écrire et dessiner lui demande beaucoup d'efforts…
Les listes sont longues, parfois on peut "barrer" certaines choses : elle n'a plus besoin de cache à l'œil, elle sait sauter, elle sait lire, elle sait enfiler son pyjama, elle sait tirer un trait avec sa règle. Des petites victoires qui nous font tous tenir le coup : elle progresse, elle est fière d'elle et nous on se dit qu'on ne fait pas tout ça pour rien.
La plus grande victoire et la plus grande fierté c'est que la Clochette a du courage, une envie de bien faire, de progresser ; elle est toujours d'humeur égale face aux différents intervenants, elle fatigue parfois mais c'est tout, elle est toujours volontaire.

On nous a dit que la prématurité s'estomperait puis disparaitrait, peut-être (on nous l'a dit ce "peut-être" ou on ne l'a pas entendu ?). "Oh, à 6-7 ans vous verrez, elle aura tout rattrapé, ça ne se verra plus". C'est aussi un peu le discours dans certains magazines et c'est dommage. Faire croire que maintenant avec des habits en taille 00 dans tous les magasins ça réglerait le plus grand problème de la prématurité : trouver des vêtements pour habiller des bébés qui font dans les 2 kilos à la sortie de l'hôpital (1kg et 900 et quelques grammes pour nous). Y'a des beaux reportages photos sur les alignements de couveuse où on te vante les progrès de la technologie mais on occulte parfois le fait que progrès ou pas la peine des parents restera la même. On te dit qu'à la sortie tout va bien. Évidemment, on ne laisse pas sortir un bébé qui ne va pas bien… il manque juste le reportage au long terme, 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans après.
Parce qu'à l'hôpital on nous a aussi surtout dit que la prématurité pourrait avoir mille façons de se rappeler à nous mais que c'était difficilement prévisible. De toute façon avec un enfant déjà le prévisible tu peux t'asseoir dessus, tu sais que tu n'es à l'abri de rien. Avec la prématurité tu gagnes au grattage et au tirage, tu n'es décidemment à l'abri de rien.
Mais comme tu ne sais pas quoi craindre tu fais attention à tout (et tu essaies aussi de faire attention à ne pas tomber dans une psychose à trop réfléchir). Finalement c'est le seul lot de consolation dans tout ça, c'est que quand tu as un enfant prématuré, tu es plus à l'écoute, tu consultes parfois plus rapidement et on t'ouvre aussi des portes très vite (enfin parfois tu arrives vite sur le seuil mais tu te rends compte qu'il y a une longue file d'attente). Portes qu'on aurait aimé ne jamais avoir à les franchir, à choisir.

Tout cela n'est que notre histoire évidemment, tout ce qui est dit ici ne reflète que ma façon de voir les choses, mon expérience, ce n'est pas ce qui arrive pour tous les enfants nés prématurément à cause d'un Retard de Croissance Intra-Utérin. Certains n'en garderont aucune séquelle certains malheureusement ne survivront pas. D'autres développeront des pathologies dont je n'ai pas encore parlé ici, que je ne connais pas encore, que je ne nous souhaite pas de connaitre. Et inversement pas besoin d'être né en avance avec un RCIU pour rencontrer les problèmes qu'elle a eu… Est-ce qu'elle aurait mis des lunettes si elle était née à terme ? Est-ce que la motricité aurait posé des soucis ? On ne saura jamais vraiment.
Parfois je suis amère, fatiguée, je trouve que la route est longue et j'ai envie de baisser les bras ou de hurler aux autres la chance qu'ils ont et qu'ils ne remarquent pas. Et je la regarde, en bonne santé malgré tout et je me dis que le jeu en vaut la chandelle, que notre histoire est belle, aussi belle et vivante qu'elle.

Aujourd'hui, dimanche 29 juillet, la Clochette a 7 ans (et une dent en moins)…

Demain (le 14 octobre prochain), nous participerons à la Marche des Bébés à Paris. Cette année (c'est la 2ème édition), l'ensemble des dons iront à un projet de recherche sur le Retard de Croissance Intra-Utérin (RCIU). Ça tombe bien non ?
Alors si tu savais pas quoi faire comme cadeau à la demoiselle, tu peux venir sur notre page de dons et apporter ta contribution !